Une histoire

Les paysans et paysannes parlent.
En 1984, dans l’optique d’avoir une idée sur les problèmes qui freinent le développement en milieu rural et les responsabilités que prennent les paysans face à ces problèmes, il fut décidé d’organiser des rencontres au cours desquelles, paysans et paysannes, réunis en ateliers devaient identifier ces problèmes et se prononcer sur les responsabilités qu’ils prennent. Ces rencontres furent dénommées : Les paysans et paysannes parlent.

Eu égard à la diversité socioculturelle et économique du Cameroun, des rencontres de cette nature furent organisées dans les quatre grandes divisions du Cameroun. Dans toutes les régions, cinq problèmes majeurs furent évoqués par les paysans: Le manque de moyens financiers (nécessaires pour les investissements.) ; le manque d’encadrement technique (dans l’accomplissement des activités …) ; Les problèmes sociaux ( tels la sorcellerie, la jalousie, les luttes d’influence…) ; le manque de formation (savoir faire…) l’isolement ( manque d’ouverture et partage d’expériences…).

Une recherche - action
1985-1987 : trois années durant, et à titre expérimental, un échantillon de producteurs isolés ou réunis en groupements bénéficièrent des appuis apportés en solutions à ces problèmes : - essais de système d’épargne et crédit, essais de voyages d’échanges, essais de formation et essais d’appuis techniques… Ces différents essais furent coordonnés par un service dénommé SAILD : Service d’Appui aux Initiatives Locales de Développement, crée au sein d’une organisation locale : le CEDAC (Centre pour le Développement autocentré) basée au sud du Cameroun, 200 kilomètres de Yaoundé.

La mue d’un service d’appui en une ONG
Fin 1987, à l’issu de l’expérimentation et à l’analyse des résultats, il ne faisait pas de doute que les organisations paysannes étaient le maillon dont le milieu rural avait le plus besoin pour son développement. Organisations, entendues ici comme " un lieu paysan ", au sein duquel ces derniers s’expriment, échangent, s’entre aident, prennent des engagements et des initiatives, négocient, voire, s’assument. Cette conclusion tirée, et riche de l’important réseau relationnel déjà existant entre les leaders et ces derniers avec le SAILD, l’option fut pris de transformer ce service en une ONG, avec en perspective de l’implanter dans une ville moins excentrique.
C’est ainsi que le SAILD ONG fut crée en début 88, avec un statut d’association internationale, pour des raisons d’opportunité juridique.

La 2ème mue de l'ONG en une institution "lean and mean" (flexible, efficace et focalisée)

En 20 ans de fonctionnement, le SAILD s’est positionné comme une institution solide et crédible, à la faveur des résultats positifs obtenus dans les programmes successifs sur le terrain. Sa réputation au Cameroun, dans les milieux urbains et ruraux, aussi bien du public que du secteur privé et de la société civile est avérée.

Dans le même temps, le monde rural a connu des mutations profondes, les formes de pauvreté sont devenues multiples, les flux migratoires et les flux de capitaux croisés entre les zones urbaines et rurales n’ont jamais été aussi denses, avec entre autre l’avènement de nouvelles classes d’élites agriculteurs ou de riches femmes rurales à coté des masses pauvres. Les OP encadrées ont maturé tandis que de nouvelles émergent, avec de nouveaux besoins d'appui
A la suite de l’évaluation globale de l’institution en 2009, le SAILD se veut flexible, efficace et focalisée sur sur son savoir-faire affirmé.

2012, naissance d’un SAILD Cameroun de droit camerounais.
SAILD est membre du réseau SAILD International de droit suisse